Délais qui s'allongent, réponses qui se font attendre, tarifs qui augmentent, prestataire qui cesse son activité : les raisons de changer de prestataire web sont nombreuses. Mais la peur de perdre son site, ses e-mails ou son référencement pousse beaucoup d'entreprises à rester dans une relation insatisfaisante. Avec une bonne préparation, la transition peut pourtant se faire sans heurt.
Faire l'inventaire avant d'annoncer quoi que ce soit
Avant même d'informer votre prestataire actuel, faites le point sur ce que vous possédez et ce dont vous dépendez :
- Le nom de domaine : à qui est-il enregistré, chez quel bureau d'enregistrement, avec quels accès ?
- L'hébergement : est-il à votre nom ou à celui du prestataire ?
- Les accès : administration du site, hébergement, statistiques, Search Console, réseaux sociaux ;
- Les e-mails : où sont hébergées vos boîtes de messagerie ?
- Le contrat : durée d'engagement, préavis, clauses de réversibilité et de propriété du code.
Récupérer une sauvegarde complète
Avant tout changement, demandez une sauvegarde complète du site : l'ensemble des fichiers et la base de données. Vérifiez qu'elle est exploitable en la confiant à votre futur prestataire, qui pourra la tester sur un environnement temporaire. Une sauvegarde incomplète ou corrompue découverte trop tard peut coûter cher.
Le nom de domaine en priorité
Si le nom de domaine est au nom de votre prestataire, la priorité absolue est d'en obtenir le transfert à votre nom. Le changement de titulaire ou le transfert vers un autre bureau d'enregistrement nécessite un code d'autorisation que le titulaire actuel doit fournir. C'est votre identité en ligne : ne lancez aucune autre étape avant d'avoir sécurisé ce point.
Préserver les e-mails
C'est le point le plus sensible au quotidien. Si vos boîtes de messagerie sont liées à l'hébergement actuel, leur migration doit être planifiée avec soin pour ne perdre ni les messages existants ni ceux qui arrivent pendant la transition. Le nouveau prestataire doit prévoir la recopie des boîtes et la mise à jour des enregistrements DNS au bon moment.
Préserver le référencement
Si le site est simplement déplacé sur un nouvel hébergement, sans changer les adresses des pages, le référencement n'est pas affecté. Si vous profitez du changement pour refaire le site, il faut impérativement prévoir les redirections des anciennes adresses vers les nouvelles, sans quoi vous risquez une chute importante de visibilité.
Rester courtois et factuel
Même si la relation s'est dégradée, une communication courtoise et écrite facilite grandement les choses. Rappelez les termes du contrat, listez précisément ce que vous attendez, fixez des délais raisonnables. La plupart des prestataires coopèrent normalement. En cas de blocage, les clauses du contrat et la propriété des éléments à votre nom sont vos meilleurs arguments. Le site Service Public rappelle les règles applicables aux contrats entre professionnels.
Le rôle du nouveau prestataire
Un bon prestataire vous accompagne dans cette transition : il fait l'audit de l'existant, récupère et vérifie les sauvegardes, planifie la migration et s'assure que tout fonctionne avant la bascule. J'accompagne régulièrement des clients dans ce type de reprise, et le plus souvent, la transition se fait sans que leurs propres clients ne remarquent quoi que ce soit.
Éviter que cela se reproduise
Profitez du changement pour mettre en place de bonnes pratiques : nom de domaine à votre nom, accès administrateur personnels, sauvegardes accessibles, contrat qui précise la propriété et la réversibilité. Vous resterez libre de vos choix à l'avenir.
Mon conseil
Ne restez pas avec un prestataire insatisfaisant par peur de perdre votre site. Commencez par l'inventaire, sécurisez votre nom de domaine et une sauvegarde complète, puis faites-vous accompagner. Changer de prestataire web se prépare comme un déménagement : avec une liste précise et un calendrier, tout se passe bien.